Exposé 2 - Ashrae Zaynabiah |
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Agée à peine de quatre ans, décédée tragiquement dans la geôle de Yazid à Sham ou Damas, en Syrie, capitale de l’empire musulman de l’époque. Avant d’accéder à cet élément le plus triste de ce drame horrible, j’aimerais, en effet,attirer votre aimable attention sur les points culminants de l’évènement de Karbala qui, d’une part, nous invite à le manifester, par des Majalisses, les processions, le Matam, le Nyaz, ... Un homme vient de décéder. Il a laissé, derrière lui, une grosse fortune. Son fils manifesta le deuil, avec tous les respects dus à l’auteur de ses jours, en faisant la Prière de Wahshat, en organisant des Fatéhakhwani, les Qurankhwani, les Majalisses de Zyarat et Tshéhloum, honorés par des nyaz, en offrant des dons de sommes importantes à la Communauté…etc.… Cependant, après toutes ces cérémonies rituelles qu’il considéra comme une fin en soi acquise, ayant accompli tous les devoirs qui incombent à un fils digne de ce nom, il se mit à dépenser son argent dans des actes ignobles, que j’éviterai de citer ici, les règles de la civilité me retiennent. Il devint le point de mire de la conversation. Il fut la risée des gens. Il figura sur la première page de l’actualité communautaire. L’adage populaire « tel père, tel fils » parut faux. Les langues dirent plutôt : « quel père vertueux et quel fils malhonnête ! Quelle mauvaise graine dans une famille noble ! » Chère et respectueuse assistance ! Je ne fais que copier/coller cet exemple et vous transporte, avec moi, dans la maison bénie de l’Imam Jaafar Sadiq a°, pour écouter ses paroles pleines de sagesse : « Ô nos Shias ! Dit-il, soyez, pour nous, une parure, mais pas un déshonneur ! » Karbala est, certes, notre Paradis, mais sommes-nous sur le chemin qui mène à ce Paradis ? Je ne contredis nullement que Karbala est notre Religion, elle est notre Foi, elle est notre Salut, mais cette Religion, cette Foi, ce Salut s’arrêtent-ils tout simplement au niveau des pleurs et de la flagellation de la poitrine, de l’organisation des cérémonies funèbres, des Majalisses et des Nyaz qui constituent, bien sûr, le pivot de nos croyances, le témoin de notre attachement indéfectible aux Ahl oul Bayt, mais ont-ils, par ailleurs, un domaine plus vaste, une vision plus large que ce que je viens d’énumérer ? L’amitié d’enfance entre Habib Ibn Mazahir et l’Imam Houssain a°, la fidélité de H° Abbas envers l’Imam Houssain a°, le repentir de Janabé Hour, le sacrifice de Janabé John, l’esclave affranchi d’origine Africaine, le martyr de H° Qasim, le joyau de l’adolescence, de H° Ali Akbar, la parure de la jeunesse, de Mouslim Ibn Awssajà, la couronne de la vieillesse, de Wahab Ibn Abdullah, le jeune nouveau marié, de Zouhaïr Ibn Qaïn, le compagnon rallié de voyage, de H° Ali Asghar, le nourrisson, de Janabé Sakina, l’orpheline de Karbala, l’enfant martyr de Damas, sont autant de modèles que nous ne trouverons nulle part, ailleurs, dans l’histoire. Laissez-moi dire, mes chers parents, frères et sœurs, que Karbala est, avant tout, le tableau de bord de notre vie, le phare qui illumine nos pas sur le sentier d’Allah, le bateau de salut qui nous mène au Paradis, Karbala est l’âme de notre existence, le souffle de notre vie, un modèle de l’obéissance à son Imam, un modèle de servir l’humanité.
Chers Azadar et Matamdharané Imam Houssain a° ! J’ai, à peine, prononcé le nom de H° Soukayna bint al Houssain a°, que mes yeux furent inondés de larmes, je vis que la tristesse couvrit votre visage. Nous nous trouvons dans le palais de Yazid. La tête sacrée de l’Imam est placée dans un plateau. Le regard de Janabé Sakina tombe sur celle-ci. Son cœur est brisé, elle pousse des cris, elle éclate en sanglots. Cher auditoire éploré ! Nombreux sont parmi vous des pères et mères. Est-ce que les enfants grandissent pour voir leurs parents dans cet état ? Le cruel Yazid, assis sur son trône, retourne le couteau dans la plaie : « Ô Sakina ! J’ai appris que ton père te chérissait beaucoup. Tu vois, c’est sa tête ! Dit-il. Ô Sakina ! Je ne peux pas admettre qu’il t’adorait si je ne vois pas sa tête se déplacer dans tes bras dès que tu l’appelles, » ajouta-t-il. H° Sakina étendit sa robe tachée de sang et cria fortement : « Ô mon père ! Sauvez l’honneur de votre fille devant ce tyran ! Venez vite dans mon giron ! Sakina vous appelle ! » Azadarô ! A peine l’orpheline de Houssain a° avait prononcé ces mots que la tête bénie de l’Imam a° quitta le plateau de Yazid et s’installa sur la robe de H° Sakina. Elle posa ses lèvres sur les joues de l’Imam :« Ô mon père ! Je suis assoiffée et affamée ! On m’attacha le cou avec une corde ! Je fus giflée et frappée ! On me tira les boucles ! Le sang coule… de mes oreilles !» INNA LILLAHI WA INNA ILAYHI RAJIIOUNE ! |
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