Irak: Notre Haram de Samarra à nouveau visée

Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 La guérilla sunnite, réputée proche d'Al-Qaïda, serait derrière l'explosion qui a détruit  mercredi matin les deux minarets du célèbre sanctuaire chiite d'Askariya à Samarra. Celui-ci avait déjà été visé l'an dernier par un attentat qui avait réduit en cendres son dôme doré et déclenché une vague de violences communautaires qui continue d'ensanglanter l'Irak.

A Samarra, l'explosion s'est produite vers 9h locales et a provoqué l'effondrement des deux fines tours qui bordaient les ruines du dôme doré. On ne faisait état d'aucune victime.

Voir la sequence du journal televise

La puissante déflagration a retenti dans toute la ville et soulevé un vaste nuage de poussière, d'après des témoins. Après l'explosion, des policiers ont tiré en l'air pour tenir la foule à distance tandis qu'arrivaient des renforts. Selon le ministère de l'Intérieur, une unité de la police nationale a été immédiatement dépêchée à Samarra.

Les autorités s'interrogeaient sur les circonstances de cet attentat perpétré contre une mosquée dont la protection avait pourtant été renforcée après le spectaculaire attentat du 22 février 2006, imputé à la guérilla sunnite. L'explosion avait alors détruit le célèbre dôme du sanctuaire, haut lieu du chiisme irakien. Epargnés par le souffle, la mosquée elle-même et les minarets étaient demeurés intacts mais n'étaient plus accessibles au public.

Accusé d'être derrière les représailles antisunnites de l'an dernier, Moqtada al-Sadr a décidé de retirer ses 30 députés du Parlement et proclamé une période de deuil de trois jours. Le Grand ayatollah Ali al-Sistani, plus haut dignitaire chiite du pays, a pour sa part appelé "tous les croyants à faire preuve de retenue et à éviter tout acte de vengeance qui viserait des innocents ou les lieux saints d'autrui". L'Iran voisin à majorité chiite a lui aussi condamné l'attentat, accusant les troupes américaines de négligence.

 
< Précédent   Suivant >